Renaissance d'un manoir du XVIème siècle

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Le combat de la Villeneuve Quistinic

Le 7 pluviose an VIII, soit le 27 janvier 1800, près du château de la Villeneuve-Quistinic a eu lieu un affrontement violent entre les chouans et les troupes républicaines. On a peu d’information sur ce combat, la quasi totalité des détails écrits dans cet article provient d’une lettre datée du 11 pluviose an VIII (31 janvier 1800), lettre de l’Administration municipale de Pontivy à l’Administration centrale du département ; le texte de cette lettre trouvée par P. Nicol est reproduit en note dans son livre, les prisonniers de Penvern. [1]

Le 4 septembre 1797, 18 fructidor an V, un coup d’état vise à contrer la poussée monarchique aux élections d’avril 1797. Toute une série de mesures répressives est mise en place par le nouveau Directoire. Les lois contre les prêtres et les émigrés sont réactivées, voire durcies. La loi des otages est votée en 1799 permettant l’arrestation des nobles, des parents des émigrés et des ascendants des insurgés en les rendant responsables sur leurs biens. Il faut ajouter à cela, avec les défaites républicaines sur les frontières, les nouvelles levées d’hommes, les réquisitions de chevaux, de vivres.... Dans l’Ouest, en Bretagne et en particulier en Morbihan, les Chouans reprennent les armes début octobre. Fin octobre 1799, les Chouans tiennent une bonne partie des campagnes, ils ont pris quelques villes, (Le Mans Nantes, Saint Brieuc, Sarzeau, Locminé...) mais ne s’y maintiennent pas. Cadoudal n’a pas pu prendre Vannes mais il l’encercle empêchant son ravitaillement.

Le 9 novembre 1799, 8 brumaire an VIII, un coup d’état militaire renverse le Directoire et le général Bonaparte nommé Premier Consul, prend le pouvoir.

Le 22 janvier 1800, voulant briser l’encerclement de Vannes et surtout récupérer les vivres accumulés aux environs de Grand-champ par les Chouans, le commandant de la garnison de Vannes, le général républicain Harty attaque Grand-champ, base du général chouan Cadoudal. A l’issue de la bataille dont une partie s’est déroulée au Pont du Loch, une centaine de morts de chaque côté, les Chouans sont restés maîtres du terrain mais ils n’ont pu détruire les forces du général Harty, ni empêcher son repli sur Vannes.

Pendant ce temps, une armée commandée par le général Brunne, forte suivant les sources de 20000 à 30000 hommes se dirige vers la Bretagne et aura son état-major à Rennes puis à Pontivy.

Le 25 janvier, les forces de Brune et de Cadoudal s’affrontent... Le combat est violent et dure plusieurs heures. Finalement les lignes des Chouans sont enfoncés et Cadoudal doit battre en retraite. Sur le terrain, la bataille a coûté la vie à plusieurs centaines d’hommes, bleus et chouans confondus.

Bieuzy, Bubry, Guern, Melrand, Quistinic... chouannent ! « Melrand, Guern, Bieuzy toujours rebelles méritaient d’être châtiés. » [2] Le 27 janvier 1800, partie de Baud, divisée en deux, une colonne de grenadiers sous le commandement du capitaine Dugage rencontre les chouans près du château de la Villeneuve-Quistinic. Ils sont nombreux, 2500 au dire de la lettre de l’Administration municipale de Pontivy. Les chouans manœuvrent, cherchant vraisemblablement à encercler les deux cents et quelques grenadiers de la colonne. Le combat est violent, sans doute au corps à corps, à la baïonnette. « L’affaire a été terrible ». Mieux entraînés, mieux armés, les soldats républicains, malgré leur infériorité numérique, réussissent à percer les lignes chouannes , « grâce à la vertu de la baïonnette républicaine ». Ils atteignent Bubry où se trouve le quartier général chouan. Le bourg est occupé et pillé. « Il a été impossible de préserver ce bourg du pillage. »

Les pertes avoués par les républicains sont de cinq blessés dont un grièvement, un homme a disparu...Les pertes des Chouans ne sont pas connues, importantes... « Les Chouans ont perdu beaucoup de monde ».

La lettre de l’Administration municipale de Pontivy signale que de nombreux chouans après le combat sont rentrés chez eux. Une certaine lassitude se décèle dans le monde des paysans chouans. Combats et batailles meurtrières... défaites ou victoires sans lendemain...engrenage sans fin de la violence, répressions féroces et vengeances terribles... Les premières mesures d’apaisement prises par Bonaparte dès son arrivée au pouvoir, liberté religieuse, amnistie pour ceux qui déposent les armes, etc. sont les bienvenues.

Beaucoup de chefs chouans cessent le combat. Le 14 février 1800, Cadoudal signe avec le général Brune la paix au château de Beauregard en Saint-Avé, près de Vannes.

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Notes

[1* Les prisonniers du château de Penvern : épisode de la chouannerie morbihannaise sous le Consulat / Pierre Nicol (Abbé). Impr. de Lafolye frères (Vannes) - 1913. la lettre citée est dans la note n° 2 p 58. - http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5678483h .*

[2* les textes entre guillemets et en italique reprennent mot pour mot les propos de la lettre déjà citée...

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