Renaissance d'un manoir du XVIème siècle

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à propos des lettres et de leur utilisation

’alphabet utilisé pour écrire le français et la plupart des langues de l’Europe occidentale comporte actuellement 26 lettres. Il n’en a pas toujours été ainsi. Nous avons hérité de l’alphabet utilisé pour écrire la langue latine. Mais les Romains eux-mêmes avaient emprunté leurs lettres à l’alphabet grec, via un alphabet intermédiaire, sans doute étrusque.

L’alphabet latin archaïque ne comporte que 20 lettres
A, B, C, D, E, F, H, I, K, L, M, N, O, P, Q, R, S, T, V, X

G sera construit à partir de C pour noter la différenciation Ca, Ga – calculus , gallia -( 300 av. J.-C. )

Le Y et le Z seront introduit plus tardivement. Ayant soumis la Grèce, les romains découvrent la culture et la pensée grecque. Des mots nouveaux entrent dans la langue latine et sont transcrits directement du grec.

Υ, upsilon en grec se prononçait u comme dans le français salut. Ce son n’existant pas en latin, donc difficilement prononçable par un gosier romain, il a été souvent interprété et transcrit par I (le i grec), hi, hy….

J n’existait pas. C’est une forme particulière du I, utilisée au XVIe siècle pour faciliter la lecture du latin quand le i est semi-consonne...

V est la lettre U du latin. Elle se prononce "ou" comme dans loup ( lupus) quand elle est voyelle (devant une consonne) : URBS. Sa prononciation devait être légèrement différente quand elle est consonne, devant une voyelle, sans former avec elle une diphtongue…. VILLA. [1]

Nos majuscules ont hérité leurs formes des lettres latines. Si le latin ne connait pas de formes minuscules, il existait cependant une forme de graphie destinée à l’écriture "manuelle" sur papyrus, tablettes de cire… Plus rapide, moins rigide, plus utilitaire, elle a été aussi utilisée pour la transcription de discours, de textes de lois, textes de livres… C’est de cette écriture que procèdent nos minuscules.

Majuscules et minuscules sont deux systèmes de forme des lettres dûs au Moyen-Age. Au départ, elles ne se mélangent pas. Dans un texte, on utilise soit les majuscules, soit les minuscules. Ce n’est que peu à peu, au cours du temps, que les majuscules introduites parmi les minuscules, notamment à l’initiale d’un mot vont jouer un rôle de mise en valeur du mot.

Si la structure graphique générale des lettres se conserve au cours du temps, leur réalisation et le détail peut varier beaucoup en fonction de l’époque, surtout pour les minuscules dont le lien avec la forme majuscule n’est pas toujours évident et pour lesquelles généralement on connait moins bien la forme d’origine.

Il est souvent difficile de trouver les règles qui régissent les écritures anciennes. L’usage est souvent variable suivant l’époque, suivant la personne qui écrit… Si des efforts et des essais de normalisation sont faits par de nombreux écrivains, c’est l’appui de Richelieu qui va donner autorité à un petit groupe de personnes pour énoncer les principes du bien parler et du bien écrire. Actif depuis environ 1626, le groupe est officialisé avec la création en 1635 de l’Académie française par lettres patentes de Richelieu. Ces lettres patentes seront enregistrées par le Parlement de Paris en 1637.
Bien sûr les problèmes du J et du V, forme graphique et utilisations, sont évoqués mais J et V n’apparaitront dans le Dictionnaire de l’Académie comme lettres distinctes respectivement de I et U qu’en 1762 dans la troisième édition du Dictionnaire, J placé après le I, V placé après le U... [2]

Quand les langues vernaculaires (roman, breton, allemand...) ont commencé à s’écrire, les scribes ont naturellement utilisé les lettres du latin, mais ils se sont heurtés à la difficulté de transcrire les sons de leur langue qui n’existaient pas en latin. Ils ont alors utilisé des groupements de deux lettres ne se trouvant pas dans les mots latins. C’est ainsi que pour écrire des mots germaniques, celtiques ou autres, ils ont utilisé le doublet UU alias VV. C’est ainsi que ce double V va devenir W, « « la vingt-troisième lettre de l’alphabet français, prise aux langues germaniques au moyen âge, puis utilisée pour les mots empruntés à l’anglais, l’allemand, les langues slaves, servant à noter à l’initiale la labio-dentale sonore [v] comme wagon ou la semi-labiale postérieure [w] comme Watt » » dixit le Petit Robert… W est en quelque sorte la plus jeune des lettres de l’alphabet français puisqu’il n’aura le statut de lettre à part entière que vers le milieu du XXe siècle. [3]

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Pour exemple, étude d’un texte imprimé du XVIe siècle


Notes

[1http://oidipus.free.fr/latin/latin001.htm : Le latin, aperçu historique, alphabet et prononciation
http://bcs.fltr.ucl.ac.be/gramm/prononciation.html : Alphabet et prononciation du latin

[2http://www.pierrebouillon.com/2011/01/dictionnaire-de-lacademie-francaise.htm : Notes sur les anciens dictionnaires de langue française...

[3un site plus qu’intéressant : http://www.diachronie.be : Diachronie (Annick Englebert)

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